Des amis partout
Roxana Doxan
 

Quand je suis arrivée en Gr?ce, je ne connaissais personne mais, une fois entrée ? l?Institut Allemand, j?ai commencé ? connaître pas mal de monde, pour la plupart des Allemands, puis ? l?école Américaine, le personnel américain, les étudiants et professeurs Américains et alors je suis entrée dans des mondes différents. J?ai eu aussi ? faire aux Grecques et alors, des uns aux autres, je suis entrée sans effort dans différents mondes d?amis. Ils sont venus d?eux m?me en s?entrem?lant. Des relations d?amitié comme en Roumanie, ça existe, car n?oublie pas quand m?me que Gr?ce signifie Balkans. J?ai beaucoup d?amis, et Grecques, et Allemands, et Américains, tr?s proche. Certes certains ne sont pas la si je leur téléphone pendant la nuit si j?ai besoin d?un médicament ou que j?ai mal aux dents mais ils sont des gens sur qui je peux compter. Et je crois que ça m?a été plus facile de me faire ces amis proche parce que la mani?re dont nous vivons est spéciale. Quand je vais dans un endroit avec les gens avec qui je travail et avec qui je passe 24 heures sur 24, il y a d?autres liens qui se forment, autres que ceux que tu peux avoir avec des gens avec qui tu vas dans un endroit en restant deux heures puis en rentrant ? la maison pour t?occuper de tes affaires. Tu travails, on bois, on palabres, on t?engueules, on t?injuries, on t?aimes, et ainsi de suite, pendant deux mois et toutes ces choses te lient. Ce ne sont pas des relations comme j?avais ici avec les amis avec qui j?ai passé l?enfance ou l?école. Mais ce sont des relations tr?s durables. Ce sont des gens sur qui je compte et qui comptent sur moi. En général une fouille dure quelques années, apr?s la fouille suit ce qu?on appel la période des études en vue de la publication, or tout ça s?étend en général sur minimum dix ans. Tu travails presque avec les m?mes personnes, archéologues et conservateur mais aussi avec les étudiants. Et n?oublie pas que c?est une vie tout ? fait spéciale, c?est l?avantage d?avoir, dans un pays o? auparavant je n?avais rien ? faire avec personne, des amis et en m?me temps de me sentir comme chez moi. Les Grecs sont de toutes sortes, ils sont aussi bien des goujats, bruyants, etc. Mais peut-?tre que ça leur donne du charme et si ça te correspond et si tu aimes ce ? cirque balkanique ?, tu commences ? découvrir aussi des choses qui ont une valeur qu?il est impossible de ne pas reconnaître. Mais ça demande du temps et un certain genre de relations. Tu les découvres plus difficilement ou plus tard, avec le temps. Moi-m?me je ne peux pas dire que je me suis fait des amis Grecs d?s la premi?re année apr?s mon arrivée l?-bas. C?était nécessaire d?avoir eu ? faire avec eux quelques années, d?avoir passé ensemble par beaucoup de situations, comme aussi en Roumanie. Ils sont pleins de vitalité, ils sont tr?s malins, ils sont actifs, ils connaissent tr?s bien leurs intér?ts, ils ont aussi des qualités, aussi des défauts, comme nous tous. Mais c?est plus simple de communiquer avec eux qu?avec toutes autres personnes d?ailleurs. Apr?s ces années passées ? Paris, je crois que cette question est évidente.

Si tu me le demandes, bien sur que tout le monde sait que je suis roumaine. Nous avons m?me essayé plusieurs fois de faire ici des noyaux balkaniques. J?ai un ami qui est archéologue ? Lemnos, il fouille ? Lemnos, une île au nord de la mer Egée, donc plus proche de nous, il a appelé un garçon de Bulgarie, il m?a appelé moi en tant que Roumaine, il a appelé une fille de Serbie, tout en essayant de cette mani?re de rassembler plusieurs populations des Balkans. Jamais je n?ai essayé de dire autre chose parce que je n?en vois pas l?intér?t. Je suis citoyenne grecque, mais quand quelqu?un te demande qu?est-ce que tu es, tu ne dis pas que tu es grecque, tu dis que tu es roumaine, parce qu?il te le demande ; moi je ne parle pas comme les Grecs, ni ne leur ressemble de visage. Mais aussi des étrangers avec qui je travail me demande d?o? je viens, c?est alors normal que je leur réponde que je viens de Roumanie. Bien sur qu?aussi l?-bas il y a l?opinion que nous sommes des Tziganes, que nous sommes des voleurs, que nous sommes des putes, que nous sommes tout ce que tu veux. L?année passée quand je suis allé en Cr?te o? je vais depuis 10 ans dans le m?me village, un petit village misérable sans au moins une platie, l?endroit vital du village grec - tu te rends compte quelle mis?re de village c?est, quand je suis arrivée, ils me dirent que s?ils ne m?avaient pas connu, ils auraient pensé que toutes les Roumaines étaient des putes. C?est bien tombé, mais parce que je les connaissais depuis tant de temps? Et puis en Cr?te je pense qu?il y a plus de cinq mille Roumaines qui ne font en effet pas autre chose. Malheureusement, elles sont ? la deuxi?me place, la premi?re place est pour les Russes. Alors tu te sens mal quand on te dit que tu es d?un peuple de putes, au moins soit le premier, et pas d?apprendre que les Russes sont les meilleures ! C?est ce qu?on voit, c?est ? dire qu?il y a les hommes qui viennent aux travaux, ils travaillent beaucoup et ils sont contents. Ils volent aussi et ils pillent, et ils violent, et je ne sais pas quoi encore, mais ça c?est une poigné d?hommes ; la plupart des roumains viennent travailler et ils ont finalement de tr?s bonnes relations avec ceux qui leur offre du travail. J?ai entendu maintes fois des choses tout ? fait merveilleuses. En général, ce sont des jeunes, jusqu?? 25 ans je pense, qui viennent faire la cueillette des olives. Les Grecs sont tr?s-tr?s contents d?eux. Mais pour les femmes en général, la réaction est celle-ci. Ce n?est pas plaisant mais c?est une réalité. C?est un pain facile ? obtenir, c?est une affaire tr?s bien organisée ? ce que je comprends, alors tu ne peux pas croire qu?il s?agit d?un phénom?ne qui disparaîtra d?s demain, malheureusement.

A propos de ma maison, ce que j?aime le plus c?est que j?habite dans un petit cartier. Il existe encore ce genre de quartier, ce qui est tr?s agréable, les Grecs appellent ça guitonia, ça vient de guitonos, ce qui veut dire voisin. Voisinage, disons plutôt. Une sous-division du quartier en fait, o? tout le monde connaît tout le monde, le boulanger, le vendeur de fruit, celui qui tient le petit magasin o? tu vas lorsque tu as une urgence et que tu n?as pas le temps d?aller au supermarché, celui qui tient le café, celui qui tient le kiosque. Ce sont plus ou moins l? les choses vitales. Et alors j?ai eu la chance de trouver ce petit cartier juste au centre d?Ath?nes, l?endroit o? se passe les petits commérages, car c?est, je crois, la derni?re manifestation de ce genre de choses qui persiste dans une tr?s grande ville. C?est ? dire que quand tu vas chercher le pain, tu parle avec le boulanger, comment va-t-il, comment vont ses enfants, s?il a encore mal aux dents, o? il est allé, de ce dont il a besoin, puis moi je lui dis quand je viens, quand je pars, o? j?ai été. Ils me demandent, parce qu?ils savent si je ne viens pas pendant trois jours chercher le pain, o? j?ai été, ce que j?ai fait, et ainsi de suite. A la pharmacie, tu vas, tu parles une demi-heure et seulement apr?s tu prends ton aspirine. Chez l?épicier, exactement la m?me chose et c?est tr?s agréable. L? o? j?habite, il y a des maisons et il y a des immeubles assez petits, avec deux ou trois étages. C?est une petite oasis ? côté du stade de marbre Kalimarmaro, c?est en face du parc ? côté du Parlement de Syntagma, ? 20 minutes de l?Acropole. C?est juste au centre, ce qui est pour moi une aubaine, parce que je peux aller partout ? pied et en m?me temps je bénéficie de toutes ces choses qui ont leur charme et qui d?une certaine mani?re me sont chers.

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