O? sont les f?tes d?antan?(Jeunesse rose / jeunesse morose)
Şerban Anghelescu et Petre Popovăţ
 
Texte traduit par Laurenţiu Zoicaş

Il convient de préciser que 2 Mai et Vama Veche, toute proche, étaient les seules plages o? se pratiquait le nudisme intégral. Ce n'était pas de l'exhibitionnisme ; cela vous donnait un sentiment de liberté totale. Et de fronde, en m?me temps.

Şerban Anghelescu : Rappelons‑nous qu'il existait un trait d'union entre les maison de 2 Mai et les thés d'autrefois. C'était une valorisation de la maison au détriment de l'Etat. L'Etat met ? votre disposition des locaux publics. L?, il s'agissait d'une valorisation de la maison du point de vue des f?tes, ? la différence des lieux publics, des bistrots, des discoth?ques. Je ne nie pas avoir connu les bistrots, loin de l? ! Mais il s'agissait d'une valorisation de la maison, ? Bucarest comme ? 2 Mai. Maintenant, il n'en est plus ainsi ; la maison n'a plus la m?me valeur.

Petre Popovăţ : A 2 Mai était née aussi la société ?close? des campeurs ; des personnes habitant des villes différentes (voire des pays différents) venaient dans les m?mes périodes et dans les m?mes endroits de la plage, de véritables ?places réservées?. Des amitiés naissaient, on en venait ? des intimités, mais qui ne duraient que deux ou trois semaines par an. Puis, les groupes ne correspondaient qu'? l'approche des vacances, quand ils s'écrivaient pour confirmer leur présence et, éventuellement, s'assurer que la surface nécessaire ? l'installation de la tente était gardée par ceux qui y arrivaient les premiers.

Şerban Anghelescu : En général, 2 Mai était, dans les années 70‑80, un club restreint. Presque tout le monde se connaissait, il y avait des cercles qui se croisaient et qui appartenaient presque au m?me milieu. Il y avait, je m'en souviens, des soirées o? je pouvais traverser 2 Mai d'un bout ? l'autre, et je découvrais des connaissances dans presque toutes les cours. Il était facile de communiquer, c'était un monde o? l'on se sentait ?chez soi?, d'un bout ? l'autre du village.

Tu parlais tout ? l'heure de l'existence de la boh?me. C'était ce qui était resté de la bourgeoisie et de l'élite intellectuelle, pas nécessairement de la boh?me. Mais c'était aussi un club, un lieu de la résistance. Ce n'était pas un type de résistance active ; il ne s'agissait pas d'imprimer des tracts ou de concocter des conspirations politiques. Quoique, finalement, je ne le saurai jamais, vu les nombreux habitués de 2 Mai que j'ai revus plus tard siéger dans les différents gouvernements et dans le premier Parlement, apr?s 1989...

Petre Popovăţ : Mais tu ne crois pas que, en dépit des différents prétextes, c'était par pauvreté que nous choisissions d'aller ? 2 Mai ?

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