Espaces d??orthodoxie urbaine? ? le cas de Stavropoléos
Anca Manolescu
 
Texte traduit par Victor Vlădulescu

Le P. Iustin Marchiş:            En 1995, juste une semaine avant l'expiration des délais, nous avons découvert qu'il y avait un concours de projets de restauration financé par l'Union Européenne. On demandait, pour qu?il soit éligible, que le lieu soit ou qu'il devienne tr?s vite actif, qu'il ait une vie religieuse. Cette exigence est plutôt rare en Occident. Chez nous non plus ce n'est pas toujours une préoccupation majeure, mais l?-bas elle l'est encore moins. Or, Stavropoléos a constitué une grande surprise. Nous avons réussi ? gagner un prix de 80 000$, une somme considérable. Mais ce prix nous a valu surtout une grande renommée. Le diplôme de l'Union Européenne a ouvert bien des portes chez les banquiers qui ont été plus généreux. D'autre part, le prix a déterminé le Département des Cultes et en particulier le Minist?re de la Culture ? coopérer ? ce projet. D?s 1995 nous avons commencé le partenariat avec l'Union Européenne et il porte ses fruits jusqu'? présent lorsque les gens tiennent compte de cette authentification venue de l'Occident. Stavropoléos compte parmi les monuments importants de l'Europe. Il est enfin ce qu'il était en 1724, ce qu'il a été jusqu'? Cuza: il se trouve dans un dialogue européen ouvert. Comme on sait, de nombreux catholiques viennent ici et assistent ? l'office. Il est remarquable que cette rencontre ait lieu non dans un cadre festiviste mais ? l'occasion de l'office. Ils s'approchent de nous et nous leur répondons. Dans quelques jours nous sommes invités ? la consécration de la chapelle de nos fr?res de l'ordre monastique Saint-Jean.

            J?estime que bien des désaccords ou m?me des conflits sont dus ? l?ignorance, non ? la malveillance ou ? la méchanceté. Moi, dans mon enfance, j?ai vécu en Transylvanie parmi des gens appartenant ? des ethnies et ? des confessions diverses. D?autant plus, apr?s ?tre passé par une École théologique et avoir voyagé un peu plus dans le monde, surtout apr?s 1989, je me suis aperçu que les croyants doivent ?tre ensemble. Les chrétiens en particulier, m?me si l?histoire des temps et les faiblesses des hommes les ont séparés. Moi, je dis: tout d?abord, il est de mon devoir de connaître les autres ; c?est dans mon propre intér?t. Je suis le premier ? avoir intér?t ? les connaître pour qu'ils puissent m'?tre utiles. On constate ensuite que les différences qui, au début, peuvent sembler énormes, sont dans un registre o? elles peuvent ?tre harmonisées. Ici, ? Stavropoléos, nous en avons une preuve convaincante: au fil du temps, on nous a envoyé - moi, je crois que c?est Dieu qui les a envoyés - des gens d?autres confessions mais qui sont dans le m?me esprit que nous. Ils cherchent la tradition, ils parlent de ce que nous pouvons faire ensemble, surtout du point de vue pratique. Je voudrais souligner comment nous avons commencé ? coopérer avec les catholiques ? l?établissement ? Concordia ? pour les enfants de la rue; ce sont eux qui nous ont appelés. Les catholiques nous ont invités ? prendre soin de ces enfants du point de vue spirituel; ils ont voulu que nous, les orthodoxes, nous en occupions. Quelle autre exhortation ? la confiance en nos fr?res pourrions-nous attendre de plus? Comment aurions‑nous pu ne pas répondre ? un pareil souhait? Je vois, ensuite, le désir des jeunes d?entrer en contact avec les autres. Comment puis-je, en tant que théologien, ne pas ?tre aupr?s d?eux, en veillant ? ce qu?ils n'échouent pas dans leur relation avec autrui. Mais on constate qu?en général ils n'échouent pas, qu?ils s?ouvrent vers l?autrui. Et nous, les pr?tres - orthodoxes et catholiques - ne faisons que réunir les énergies de ces jeunes pour les faire travailler ensemble. S?ils veulent aller visiter d?autres pays, nous allons avec eux. Et puis qu?est-ce que vous pensez du fait que les catholiques viennent chez nous et, apr?s, ils veulent aller avec moi ? Athos et vont ? Constantinople voir ce qui est resté du Byzance? Ces gens désirent vraiment nous connaître, ils apprécient nos valeurs. J?avoue que pendant les visites que je fais avec eux, moi-m?me je regarde d?un ?il nouveau l?Orthodoxie et les orthodoxes. Est-ce qu?il n?y aurait pas presque un péché pour nous de ne pas cultiver ces rapprochements, de ne pas entrer en communication directe avec eux? Pourquoi écouter seulement ce que dit le monde ou accepter ce qu'on écrit dans les livres - qui sont écrits comme ils sont écrits ? lorsque la réalité est tout pr?s de nous, vivante et que les gens peuvent communiquer les uns avec les autres? Tout le monde attend cette collaboration et d?abord les jeunes. Je souligne toujours cela?

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