Parfois, m?me des hommes politiques roumains et étrangers sont impressionnés par Stavropoléos. Nous avons reçu la visite non seulement d?Alain Juppé, ? l'époque o? il était premier ministre, mais aussi du prince Charles; d?autres personnalités occidentales sont venues et ont été émerveillées par cette communauté, surtout par ses jeunes si actifs. Nous avons réussi ? faire venir et ? mettre en contact des gens qui n?ont d?autre identité, lorsqu?ils sont ici, ensemble, que celle du chrétien ou du fid?le de l?église. Ensuite, lorsque des personnalités prestigieuses de l?étranger visitent la Roumanie, les officiels roumains les envoient chez nous. Elles viennent chez nous, assistent ? l?office, écoutent le chant, admirent l?architecture, prennent contact avec la communauté? Je m?en excuse mais j?ai dit cela au chef de l?État aussi: si chacun réussissait ? faire chez lui ce que nous faisons dans notre petite communauté, la Roumanie serait ce qu?elle a été et comme elle devrait ?tre: sans complexes, sans préjugés devant n?importe qui en Europe ou au monde. Nous n?avons absolument aucun complexe. Nos jeunes parlent des langues étrang?res, ils communiquent facilement avec les étrangers qui nous rendent visite. Et ces derniers sont capables de voir et comprennent tr?s vite. Je me souviens que le Ministre français de l?Intérieur, Chev?nement, est resté ici une heure et demie; il parlait de l?Orthodoxie comme je n?ai pas entendu parler les ministres roumains; évidemment au niveau d?un ministre de l?intérieur. Je crois que le nôtre aussi en sait, des choses, parce qu?il est croyant, je le connais lui aussi. Mais je ne sais pas s?il est si compétent en Orthodoxie, surtout en art orthodoxe. C?est une grande joie de voir que ce que nous nous sommes efforcés de faire ici n?est pas seulement admiré, mais aussi lu avec compétence. Le monde vient et dit: ? Mais ici nous sommes en Europe! ? C?est un espace de l?Europe, significatif pour sa spiritualité, o? nous les invitons ? connaître surtout le christianisme roumain. * Nous voyons quelle variété existe dans la mani?re dont on exploite ici le th?me de la communication. Combien de niveaux elle suppose, niveaux que le commentaire - mais également la vie pratique de Stavropoléos - réussissent ? maintenir dans un rapport cohérent. La communication entre les confessions, tout d'abord, rattachée toujours ? la rencontre liturgique. Et - ce qui est encore plus précieux dans la Roumanie d'aujourd'hui, envahie par la rhétorique - une communication aboutissant ? des projets charitables précis, qui fonctionnent effectivement. La communication entre les jeunes ensuite - un groupe si valorisé dans tout projet de rénovation, f?t-elle sociale ou spirituelle. La communication, m?me, entre la religion et la technique moderne. La communication, dont on a déj? tant parlé, entre la religion et la culture - et le commentaire ne manque pas de souligner toujours la qualité, l'envergure des partenaires culturels avec lesquels Stavropoléos se met ? dialoguer. La communication entre Stavropoléos et l'État roumain qui envoie ici ses hôtes les plus prestigieux, comme dans un espace de valeur nationale. Mentionnons enfin qu?il est remarquable qu'un représentant de l'Orthodoxie théorise les bénéfices de la communication; il s'agit d'un nouveau style du discours, ? vertus formatives pour les jeunes. Le p?re Iustin est un cas rare de pr?tre qui met en pratique l'?cuménisme non parce qu'il serait un th?me imposé officiellement, mais parce que la connaissance d'autrui est considérée comme enrichissante; parce que la convergence spirituelle est considérée plus puissante que les différences entre les religions. |