Esa?e 40,19: L?idole? c?est un artisan qui l?a coulée mouleur, il plaque sur elle de l?or, moulant aussi des bandeaux d?argent. Jérémie 10,9: Les idoles ne sont qu?argent laminé, importé de Tarsis, or d?Oufaz travaillé par l?artiste et le fondeur, rev?tu de pourpre violette et de pourpre rouge. Les textes décrivent la technique ancienne, nommée par les Grecs sphyrélaton, ?travaillé au marteau?: un simulacre de bois est recouvert de plaques de métal au repoussé. A Dréros, en Cr?te, on a trouvé de tr?s anciens exemples de cette technique, qui, ? l?époque, était en concurrence avec une autre, reposant toujours sur la diversité substantielle: celle des acrolithes, statues dont certaines parties (t?te, pieds) étaient en marbre et le reste en argile ou en bois. A leur tour, les acrolithes dérivent sans doute de la pratique néolithique des statues d?argile ? crânes authentiques, attestée au VIIe millénaire au Moyen-Orient. Mais l?insistance de la Bible sur la technique du bois plaqué, tellement marquée qu?elle revient jusque dans la Lettre de Jérémie, qui pourrait dater du IIe si?cle avant notre ?re, nous indique que c?était l? la façon la plus courante de réaliser une idole dans les pays de l?Orient. Aucune merveille si l?artisan des montagnes de l?Aveyron y recourut spontanément, en pleine époque carolingienne. Quant ? l?évocation des idoles, douter de l?orthodoxie des moines de Conques veut dire que l?on néglige deux faits fondamentaux: la valeur des images qui venait d??tre confirmée par tous les conciles ? la fin de la crise iconoclaste, trente ans plus tôt, et puis la présence de la relique, qui suffisait ? écarter tout soupçon d?idolâtrie. Du rev?tement originel il ne reste probablement que deux pi?ces: la t?te et une plaque d?argent du dossier du trône. La t?te elle-m?me a sans doute une histoire: faite en or et pesant 800 grammes, elle consiste en deux feuilles assemblées ? rivets et soudures. Rien n?indique qu?elle ait été exécutée pour sainte Foy: c?est plutôt un visage d?homme, et il n?est pas exclu qu?il s?agisse d?une t?te d?empereur récupérée et remployée. Comme au-dessus des oreilles il existe une rangée de trous, on peut supposer qu?une couronne de lauriers aurait d? y ?tre fixée; ce qui nous laisse penser qu?il s?agit du portrait d?un empereur romain du Ve si?cle. Mais comme elle n?a souffert aucun ajustement, l?adjonction de cette t?te, remplie de cire, au tronc de bois signifie sans aucun doute l?acte de naissance de la majesté de sainte Foy. |